06/02/2007prologue de romanIl était une fois, perdu dans une Europe qui élargissait ses frontières à tout va, un petit pays appelé France.
A cette époque là en 2018, son peuple vit de la production internationale et ne cherche qu’à consommer. Rien d’autre ne l’intéresse. Il est devenu un consommateur de la sous-traitance. Une vraie vache à lait. Un seul mot d’ordre : consommation. La formule chimique préférée des industriels est :
production étrangère + économie draconienne = consommation française
Depuis que celle-ci a été trouvée à la fin des années 1990 par les grands pontes de la bureaucratie, les industriels sont bénis des dieux. Les slogans scandent à tout va, le besoin de se nourrir sans limite pour s’enrichir. Malheureusement, c’est une formule mal utilisée et détournée de son contexte. Les Français vivent dans le malentendu, tellement les mots sont mal utilisés. Le pays devient une grande richesse monétaire en contre-partie d’une ahurissante pauvreté culturelle. Le propre patrimoine de ses habitants leur est méconnu. Les gens ne sont plus exigeants de qualité et délaissent « les chefs-d’œuvre de l’humanité » (10).
Toutes les raisons sont bonnes pour prouver à MADAME ECONOMIE [personne morale très susceptible et crainte par tous] que les Français dépensent bien, mais personne ne se demande comment cela se passe réellement au sein des ménages. Les magasins sont ouverts 7 jours sur 7, 24h sur 24 malgré la surabondance de sites Internet vantant les courses à domicile. Seules les apparences importent pour montrer aux autres pays sa position au sein du monde. Telle une petite sœur au sein d’une grande famille, elle sait faire valoir ses revendications pour se faire respecter. Si les Français sont enviés socialement par beaucoup de pays, ils restent critiqués par la foule mondiale du tourisme : située au centre de la carte mondiale, la France se prend pour le nombril du monde et le montre. Les répercussions sont telles que cela joue énormément sur le moral de nos troupes. Les Français se retranchent derrière leurs sentiments et ces émotions là, négatives et jusque là régionalisées, se nationalisent. Ils recherchent l’estime et la reconnaissance, lesquelles se sont perdues au fil des années.
Du coup, ils vivent comme des victimes, dans l’hystérie, à force de chercher le respect mutuel. C’est la confusion des sens.
Malgré tout, MISS DEPRIME NATIONALE [personne morale représentante des français née en 1981] - qui a gagné tous les suffrages depuis quelques années - commence à battre en retraite : elle passe le flambeau à MISS HAUT LES CŒURS [personne morale née en 2012, en pleine création, programmée pour redorer le blason des français]. Mais beaucoup de travail reste à faire. Les A.R.T.T. et autres heures de récupération ne comblent pas ce temps après lequel ils courent.
Tous les moyens de transport s’effectuant au G.P.L. et Super, ont cédé leurs places aux véhicules hybrides, tramways, métros nouvelles générations et bus, grâce aux grosses avancées technologiques récentes. Mais le moyen de locomotion principal reste le vélo. MONSIEUR ROI PETROLE [grand manitou incontournable malgré tous les efforts fournis] est parvenu à un prix inabordable et la couche d’ozone tire sa révérence à grands feux avant la fermeture du grand rideau. Les bio carburants et le gaz naturel courent après le manitou et sont en passe de le remplacer.
Les accidents de la route deviennent exceptionnels à tel point que la moindre collision passe des faits divers à la première page des quotidiens. Les travaux effectués dans les grandes agglomérations pour améliorer le confort de tous, touchent à leurs fins. Les tramways installés autour de la petite et grande couronne de Paris sont fin prêts et chaque grande agglomération a également le sien. Depuis que les mairies ont instauré la mise en place de la totalité des parkings en souterrain et aux périphéries, les villes ont gagné en fluidité routière et piétonnière, et une incomparable qualité de vie. Les personnes qui viennent travailler à Paris (ou dans une autre grande ville) laissent leur voiture aux portes et utilisent les transports communs.
Tout, vraiment est fait pour améliorer leur vie.
Mais ce que l’Etat et les mairies ont réalisé n’est en fait qu’un leurre pour détourner l’attention du peuple, du réel problème : il reste à mettre en chantier les travaux d’ordre moraux.
L’exception culturelle dont ils bénéficient n’est profité que par le tourisme étranger. Ils ont beaucoup de mal à sensibiliser les jeunes à l’art. Le home cinéma a envahi les foyers et tout leur est livré sur un plateau. Aucun n’est prêt à débourser le moindre centime pour une expo un tant soit peu originale mais à côté de ça ils débourseront bien plus afin de voir et revoir ce qu’ils connaissent déjà.
Bien sûr, comme on peut le lire dans certains journaux, les maires de plusieurs grandes agglomérations prennent le sujet au sérieux et certaines villes doivent leur réussite et leur richesse culturelle à des hommes et des femmes, responsables d’associations et militants, qui se battent pour que les choses bougent. Ils sont prêts à soulever des montagnes pour trouver des aides financières. Certains vont jusqu’à faire du porte-à-porte pour montrer les brochures des spectacles joués dans leur ville ou à proximité. Mais le travail est rude.
Pour comprendre la cause de tous ces malaises, il faut remonter à la source et ce ne sont ni les chercheurs ni les autorités qui peuvent régler le problème. Les personnes morales telles que MISS HAUT LES CŒURS ou MONSIEUR ROI PETROLE représentent en fait une matérialisation physique de l’énergie dépensée par chaque français pour constituer une entreprise ou un état actuel. Et eux aussi sont dans l’attente d’une aide.
Une petite organisation s’est préparée à l’abri de tous et attend que leur chef se réveille pour se mettre en marche. Le mal sévit.
06/01/2007et plus si affinités (suite)La découverte
Dans l'appartement de Laurent.
Samuel - Sympa l'appart. Cosy mais sympa.
Laurent - Comment ça cosy ? Il est pas si petit que ça.
Anna - (prenant Laurent à part) Mais non ce n'est pas ce qu'il voulait dire. Hein Samuel! (Il ne dit rien, il fouine) donc, cette machine!
Laurent - Elle est là.
Samuel - Oh qu'est ce qu'elle fait là ?
Laurent - (sans le regarder) Ben, je voyais pas d'autres emplacement, je la trouve bien dans la salle de bain.
Samuel - Non, Christel, sur la photo, qu'est ce qu'elle fait là ? Tu la connais ?
Laurent - C'est une amie. Tu la connais aussi !
Samuel - J'ai fini mes études avec elle. Tu la vois toujours ?
Laurent - Souvent, oui.
Samuel - Oh, c'est marrant.
Anna - (à Samuel) Un autre jour, je dis pas, elle est sûrement passionnante mais là on est venu pour la machine.
Samuel - (toujours émerveillé devant la photo) OH!!
Anna - (plus sèche) Samuel, c'est ici que ça se passe.
Samuel - OH!!
Anna - SAMUEL! Laurent tu veux pas faire quelque chose ? (Laurent retire la photo)
Samuel - hein ? Tu disais ?
Anna - (comme à son chien) Viens là. (À Laurent) Désolé il a des moments d'absence.
Laurent - Bon, on s'occupe de cette robe ? Vous voulez un café en attendant ?
Anna - S'il te plait.
Samuel - Tu as du thé, s’il te plait ?
Anna - Faut toujours que tu fasses dans la simplicité.
Samuel - (l’air naturel) Toujours.
26/12/2006et plus si affinités (suite)Demandez le programme
(Cyril et Hadrien prennent le petit déjeuner. Cyril le regarde déjeuner en feuilletant l'officiel des spectacles comme un roman.)
Cyril - C'est intéressant ? Ça raconte quoi ?
Hadrien - (toujours dans son bouquin) Tais toi, tu me déconcentres.
Cyril - Ça fait dix minutes que je te demande ce qu'il y a comme film et toi tu le feuillettes dans tous les sens.
Hadrien - Justement, je compare.
Cyril - (étonné) Attends, on n'a rien prévu pour ce soir, on s'en fout de l'heure!
Hadrien - Non, non, non, je suis un garçon organisé.
Cyril - Eh ben, tu dois pas être facile à vivre. (Un temps) Propose, au moins. Me laisse pas tout seul.
Hadrien - Hein ?
Cyril - Allô ? Hadrien! (il se lève et va chercher un magazine de cinéma). Bien alors, qu'est ce qu'on a au programme ? "Les acteurs"
Hadrien - (à chaque fois, du tac au tac) Vu.
Cyril - "la fidélité"
Hadrien - Vu.
Cyril - "Scènes de crime".
Hadrien - Vu. "Révélation".
Cyril - Vu. "La veuve se St Pierre".
Hadrien - Vu.
Cyril - "Erin Brockovitch".
Hadrien - Pas vu.
Cyril - OK, on y va. Séances ?
Hadrien - 18H30, 21 heures. (On frappe à la porte)
Cyril - C'est ouvert.
Agnès entre.
Agnès - Salut.
Hadrien - Salut, on va au ciné ce soir, tu viens ?
Agnès - Justement j'allai vous le proposer. J'ai vu Erin Brockovitch hier, c'était génial.
Cyril - (à Hadrien) On recommence à zéro.
Agnès - C'est ce que vous aviez prévu ?
Hadrien - T'es sûre que tu veux y aller ?
Agnès - Oui, en plus tu me dois une place.
Hadrien - Ah! je t'ai pas remboursé ?
Agnès - Eh non.
Cyril - (il n‘écoute pas) "L'enfer du dimanche"
Hadrien - (l’air ailleurs) Tu l'as dis.
Cyril - Non Hadrien, c'est le titre du film.
Agnès - j'ai vu.
Cyril - On va jamais y arriver.
Hadrien - Mais si, regardez, y'a le nouveau Clooney: O brother.
Agnès - C'est déjà sorti ?
Hadrien - Ah non, il sort plus tard.
Cyril - (content de ce qu’il va annoncer) Et si on y allait pas!
Hadrien - (sec) Hors de question.
à suivre..................................
et plus si affinités (suite)La boucle d’oreille
(Juliette chez elle, elle se goinfre de tout ce qu'il y a dans le frigo. Agnès arrive)
Agnès - Salut.
Juliette (la bouche pleine) - Chalut. T'as un chigarette ?
Agnès - Non et t'en auras pas. Faut que tu tiennes.
Juliette - Ça fait trois heures que je suis debout et j'ai rien fumé. C'est un exploit.
Agnès - T'es pas au bout de tes peines.
Juliette - C'est comme ça que tu m'encourages ? Qu'est ce que tu veux d'abord ?
Agnès - J'ai perdu quelque chose ici hier après midi avant d'aller au ciné.
Juliette - (Agnès regarde sous le lit) J'ai fouillé partout, y'a aucun garçon.
Agnès - qu'elle est bête, j'ai perdu une paire de boucle d'oreille (elle se met à quatre pattes, Juliette la regarde) Ben aide moi.
Juliette - T'as l'air maligne comme ça.
(Sergio arrive, elles sont toutes les deux à quatre pattes) Vous m'attendiez ? (Elles se relèvent toutes les deux en même temps)
Agnès - Très marrant, j'ai perdu des boucles d'oreilles.
Juliette - J'en ai marre, j'arrête. (Elle se relève, va au frigo, on entend un crac) Je crois que j'ai trouvé, c'est pas ça ? (Elle prend les débris de la boucle)
Agnès - C'était ça oui. Et merde.
Sergio - Râles pas, tu les as trouvées.
Agnès - (logique) C'est vrai après tout, c'est ce que je voulais. Pourquoi je m'en ferais ?
Juliette - (à Sergio) Tu fumes toujours pas toi !
Sergio - Non.
Juliette - Ben tu devrais t'y mettre, ça m'arrangerait bien.
à suivre....................................... 20/12/2006et plus si affinités (suite)Au lavomatic
(Samuel au lavomatic, en train de séparer tous ses vêtements sales par terre, il fait plusieurs petits tas. Anna arrive.)
Anna - Samuel ? Qu'est ce que tu fais là ?
Samuel - Salut. (Il répond bêtement) De la vente à l'étalage. Et toi ?
Anna - Ma machine est tombée en panne.
Samuel - (il se fout d’elle) C'est vrai ? La mienne aussi. (Un temps) Tu sais comment ça marche toi ?
Anna - Quoi, tu sais pas faire tourner une machine à laver ?
Samuel - Celle là, non.
Anna - Ça doit pas être très compliqué. (Elle regarde et n'y comprend pas grand chose.) Il suffit de mettre le linge là dedans....
Samuel - Et ça lave tout seul. Merci, t'en sais rien.
Anna - Ben non, je pensais que quelqu'un m'aiderait.
Samuel - Regarde, en voilà un.
(Un jeune homme arrive avec plein de linge et prend son temps à tout bien mettre.)
Anna - Mais qu'est ce qu'il fait ? J'ai pas le temps d'attendre! (Elle va le voir) Bonjour, je peux vous aider? (Elle le regarde faire) Qu'est ce que vous faîtes, là ?
Le jeune homme - Faut séparer le blanc de la couleur!
Anna - Pas le temps. J'ai un rendez vous très important à midi et vous voyez (elle va chercher une robe) elle est belle, hein ? (Silence) ben dites quelque chose!
Le jeune homme - Euh, oui, oui, elle est belle.
Anna - Merci. Eh bien je veux la mettre. Seulement manque de bol (elle montre une grosse tache) j'ai renversé mon café dessus, c'est bête, hein ?
Le jeune homme - Ben oui. Mais allez au pressing!
Anna - (elle est outrée) Au pressing. (À Samuel) Il se fout de moi. (Au jeune homme) Vous vous foutez de moi!
Le jeune homme - non. (à Samuel) J'ai l'air ?
Samuel - Un peu, oui.
Anna - Vous croyez que j'ai les moyens de me payer le pressing ?
Le jeune homme - Ça doit coûter, 3, 5 euros.
Anna - Justement, avec 3, 5 euros, je fais BEAUCOUP de choses moi Monsieur.
Samuel - (il s’incruste) Ah bon ? Quoi ?
Anna - Ta gueule. (Au garçon) le problème n'est pas là, on veut savoir comment vous faites tourner cette foutue machine.
Le jeune homme - J'en sais rien moi! J’ai juste besoin de le faire sécher. J'ai la machine mais j'ai besoin qu'il soit sec dans deux heures.
Anna - Ben voilà, le problème est réglé, on va chez vous.
Le jeune homme - (il tombe des nues) Pardon ?
Samuel - Discutez pas avec elle, vous perdrez.
Anna - Comment tu t'appelles ? Moi c'est Anna, lui c'est Samuel.
Laurent - Laurent.
Anna - enchantée.
Samuel - J'adore ce prénom. (Il va pour lui faire la bise puis se ravise et lui tend la main. Ils rassemblent leurs affaires)
Anna - Bon, on y va ?
Laurent - Où ça ?
Anna - Ben chez toi, faut suivre un peu.
Laurent - Non, il faut que je fasse sécher tout ça.
Samuel - Pas de problème. (Il met tout le linge et le sac dans la machine, prend les jetons, les met tous et la machine se met en marche) Voilà. Maintenant on y va.
Laurent - Mais il est fou!
Anna - Eh oui c'est comme ça, allez viens. Elle le prend par la main.
à suivre..................................
19/12/2006et plus si affinités (suite)Le réveil de Cyril
(Hadrien en peignoir entre direct chez Cyril sans frapper et s'assoit dans le canapé, comme s'il était chez lui.)
Hadrien - Salut, qu'est ce qu'on va voir ce soir ?
Cyril - (il arrive en caleçon, à moitié endormi) Qu'est ce que tu fais là ? Mais il est quelle heure ?
Hadrien - 10 heures. Je me suis levé tôt.
Cyril - (l’air naturel) Et tu t'es dis, « et si j'allais réveiller Cyril! »
Hadrien - Pourquoi ? Je te dérange? (Un temps) T'as quelqu'un ?
Cyril - J'aurai pu.
Hadrien - Tu dormais peut-être.
Cyril - Qu’est ce qui te fait dire ça ?
Hadrien - T'as revu Carlos ?
Cyril - Qui ça ?
Hadrien - Carlos, le latino de la semaine dernière.
Cyril - Pas encore, j'ai pas eu le temps.
Hadrien - Tu parles, t'as pas envie oui!
Cyril - C'est pas ça mais... (il reprend ses esprits) Qu'est ce que tu fais là d'abord ?
Hadrien - On va au ciné ce soir ?
Cyril - Tu te fous de moi ? Tu débarques à 10 heures chez moi pour m'annoncer qu'on va au ciné ce soir!
Hadrien - Ben oui, tu voulais peut-être que je t'envoie un carton d'invitation !
Cyril - C'est pas ça mais...
Hadrien - T'as pas envie ?
Cyril - On a peut-être le temps de voir ça non ?
Hadrien - T'as autre chose de prévu ? Non, alors on va au ciné.
Cyril - (ne trouvant rien à redire) Ah bon. J'aurai le droit de choisir le film ou pas ?
à suivre............................. 18/12/2006prièreUn jeune curé , très angoissé , est incapable de prononcer
un seul mot le jour de son premier sermon.
Le lendemain , il va voir l'archevêque et lui demande
quelques conseils pour être à la hauteur le dimanche suivant.
L'archevêque lui conseille alors de se verser quelques
gouttes de vodka dans un grand verre pour se sentir plus détendu.
Le dimanche suivant , le jeune prêtre suit son conseil et
réussit à parler sans être paralysé et sans avoir le trac.
Toutefois , de retour à la sacristie, il trouve une lettre
laissée par l'archevêque et ainsi rédigée :
" Mon Fils, la prochaine fois , mettez seulement quelques gouttes de
vodka dans un grand verre d'eau et non quelques gouttes d'eau dans
la bouteille de vodka.
D'autre part , et afin que vous amélioriez encore un peu vos prochains prônes,
je tiens à vous faire part des quelques observations suivantes :
1- Il n'est nul besoin de mettre une rondelle de citron sur le
bord du calice.
2- Évitez de vous appuyer sur la statue de la Sainte Vierge et surtout évitez de l'embrasser
en la serrant étroitement dans vos bras.
3- Il y a 10 commandements et non pas 12.
4- Les apôtres étaient 12 et non pas 7 et aucun n'était nain.
5- Nous ne parlons pas de Jésus Christ et ses apôtres comme de "JC & Co".
6- Nous ne nous référons pas à Judas comme à "ce fils de pute".
7- Vous ne devez pas parlez du Pape en disant "Le Parrain".
8- Ben Laden n'a rien à voir avec la mort de Jésus.
9- Les murailles qui se sont effondrées au septième jour ne se
trouvaient pas à Mexico mais à Jéricho.
10- L'eau bénite est faite pour bénir et non pour se rafraîchir la nuque.
11- Ne célébrez jamais la messe assis sur les marches de l'autel.
12- Ponce Pilate a dit "vos histoires , je m'en lave les mains"
et non "vos conneries , je m'en bats les couilles"
13- Les hosties ne sont pas des gâteaux à apéritif à consommer avec le vin de messe.
14- Les pêcheurs iront en enfer et non "se faire enculer chez les Grecs".
15- L'initiative d'appeler les fidèles à danser était bonne, mais pas celle de faire la chenille dans l'église.
16- L'homme assis près de l'autel et que vous avez qualifié de "vieux pédé" et de "travelo en jupe" c'était moi.
Sincèrement
l'Archevêque.
PS : Jésus n'a pas été fusillé, mais crucifié."
16/12/2006et plus si affinités (suite)UNE SEMAINE APRES LA PRECEDENTE
Un inconnu dans son lit
(Une semaine après la crémaillère. Juliette se réveille. Elle est déjà énervée, rien ne va. Elle a mal à la tête, se lève, cherche une aspirine, se rassoit, et après avoir bu son verre, se laisse tomber à la renverse.)
Un garçon - (sous la couette) Hé doucement. (Elle pousse un grand cri, prend l'abat-jour sur la commode et le menace.)
Juliette - Aahhh! Qui est là ? (Elle monte sur le lit)
Le garçon - (à moitié endormi) C'est moi, Paul.
Juliette - Paul qui ?
Paul - T'en connais plusieurs ? (Il se montre) Ben, moi! D'hier soir! Qu’est ce que tu fais avec cet abat jour ?
Juliette - Euh, du rangement. (Elle le pose) Mais je te connais pas! Qu’est ce que tu fais dans le lit ?
Paul - Je dormais. (Elle lui retire la couette)
Juliette - Mais t'es à poil en plus, ça va pas non ?
Paul - C'est plus facile pour baiser.
Juliette - (elle éclate de rire) T'as quand même pas l'intention de coucher avec moi ?
Paul - (avec un grand sourire) Ben... c’est déjà fait.
Juliette - Quoi ? (Elle réfléchit) Non, non, je m'en souviendrais.
Paul - (d’un air négatif) Tu ne te souviens même pas de moi.
Juliette - (cherchant un explication) Tu ne pouvais pas dormir chez toi ?
Paul - T'étais d'accord que je reste.
Juliette - que nenni. Rentre chez toi. (Elle prend ses affaires et les met sur le palier) Oust. (il ne bouge pas) T'entends ce que je t'ai dit ? Oust. Oust. Oust.
Paul - T'as mis mon caleçon dehors.
Juliette - Ah bon. (Elle part le chercher) Tiens. (Paul sort elle referme la porte puis l'ouvre à nouveau) T'as pas une cigarette par hasard ?
Paul - Tu te fous de moi ?
Juliette - Non, j'arrête de fumer mais j'y arrive pas.
Paul - Fallait pas me virer.
Juliette - Attends, reviens. (Elle lui court après)
à suivre....................... 06/12/2006et plus si affinités (suite)Le discours
Samuel - (il continue. Ils font tous la gueule dans le canapé) .....Et donc le chien me courait après...
Juliette - (l’air très grave) Samuel, tu veux en venir où ?
Samuel - (euphorique) J’y viens, j’y viens.
Sergio - (sec) Non. Tout de suite.
Samuel - Ah bon. Alors c’était la cafetière de ma mère.
(Silence total, ils ont tous un air très grave)
Cyril - Bonne nuit. (il part)
Agnès - Tu te fous de nous ?
Samuel - Euh non ! (Un temps, il veut se rattraper) Mais si vous aviez écouté en entier, vous auriez compris la chute.
Anna - Parce que t’appelle ça une chute ? On veut plus rien savoir. Tais toi.
Samuel - (d’un petit air) Bon alors merci.
Agnès - Eh ben, voilà, c’est simple !
Samuel - J’avais déjà dit merci, vous vouliez le discours.
Hadrien - Bien, on va te laisser. Cyril l’a d’ailleurs déjà fait, on part se coucher.
Samuel - Ah bon ! (Ils partent tous en silence) Alors au revoir. (Il ferme la porte) Ça y est ils sont partis. (Franck sort de sous le lit)
Franck - Géniale l’histoire. Tu pouvais pas mieux les assommer.
Samuel - (toujours avec un petit air) Pourtant elle est vraie !
à suivre.........................................
27/11/2006et plus si affinités (suite)Les fantasmes de Juliette
(Fin de la crémaillère. Ils sont tous partis sauf Cyril, Agnès, Anna, Juliette, Sergio et Hadrien. Ils sont affalés dans le canapé)
Samuel - Bon, c’était plutôt réussi, non ?
Cyril - Bof
Samuel - (à Cyril) Hadrien t’a encore dit non !
Cyril - (sec) No comment.
Hadrien - Juliette, tout à l’heure tu m’as parlé d’une histoire de fantasmes !
Anna - (étonnée) T’as des fantasmes ?
Juliette - (Tout le monde regarde Anna Étonnés) Pourquoi, pas toi ?
Anna - (prise au dépourvue) Euh... Si.
Juliette - Tu m’as fait peur. Bien. Alors ce que je propose, (un temps, elle regarde tout le monde) c’est un jeu où on se raconte nos fantasmes.
Cyril - Désolé, mais j’ai assouvi tous les miens. (Grand silence)
Samuel - Moi aussi.
Sergio - Cherchez bien, je suis sûre qu’il y en a encore.
Agnès - (à Juliette) Et ça t’est venu comment cette idée ?
Juliette - En discutant avec Hadrien.
Hadrien - (tout le monde le regarde) Ne me regardez pas comme ça, j’ai rien fait. Enfin, pas encore.
Cyril - Non, si t’avais fait quelquechose, tout le monde le saurait (un temps). C’est pas tout mais le plus intéressant est à venir.
Sergio - C’est à dire ?
Cyril - (de joie) Je vais enfin connaître les fantasmes de Juliette.
Juliette - Attends, je n’ai pas donné toutes les règles du jeu.
Samuel - (il fait de grands yeux) Nous sommes tout ouïs.
Juliette - Il va falloir le mimer et le faire comprendre à deux autres personnes. (grand sourire) S’ils ne trouvent pas, chacun des deux va devoir dire un de ses fantasmes.
Hadrien - (étonné) Et c’est en discutant avec moi que t’as pensé à ça ! Qu’est ce que t’es torturée comme fille ! (Un temps) Lorsque t’es sous la douche, à quoi tu penses ?
Juliette - (regard coquin) Ça, c’est privé.
Cyril - (air gamin) Oh oui, raconte !
Juliette - Non mais, ça va pas bien dans votre tête ! Bande de .....petits vicieux.
Cyril - (il banalise) Sortant de ta bouche, ce mot n’a plus aucun sens.
Samuel - Juliette, vas-y, mime nous en un.
Juliette - Pourquoi moi ?
Anna - Tu dois nous montrer comment faire !
Juliette - OK. On va commencer avec un facile.
Sergio - Déjà on sait qu’elle en a plusieurs.
(Elle se met devant eux et fait du stop)
Hadrien - Tu te fous de nous, ça t’est déjà arrivé de rencontrer quelqu’un en faisant du stop !
Juliette - Ah oui, c’est vrai, alors un autre.
Cyril - C’est pour ça qu’on dit: « se faire prendre en stop ».
Sergio - Pas systématiquement. J’ai déjà fait du stop et on m’a jamais pris.
Samuel - (l’air sérieux) Je peux arranger ça, si tu veux !
Sergio - Non merci. Sans façon.
(Juliette s’allonge par terre et ne bouge plus)
Agnès - T’es nécrophile ?
Anna - (étonnée) Pourquoi tu dis ça ?
Agnès - Elle fait la morte.
Anna - Peut-être qu’elle dort ! (Juliette fait signe que « oui »)
Cyril - Se faire sauvagement violer en dormant.
Samuel - Où est l’intérêt si elle dort ?
Cyril - J’en sais rien, c’est pas mon fantasme.
Anna - Et pourquoi sauvagement ?
Hadrien - C’est plus marrant.
Sergio - Ça doit pas être ça.
Samuel - (un temps) tu devrais nous donner un autre indice, tu ne nous aides pas beaucoup.
Juliette - Je peux pas, moi je n’ai rien d’autre à faire.
Cyril - (il éclate de rire) Ben, tu sens pas grand chose alors !
Anna - C’est pas le gang bang quand même !
Juliette - SI !
Cyril - (étonné) Je croyais que tu l’avais fait ! Et puis c’est pas comme ça.
Juliette - Désolée si je suis en retard. Tu confonds avec Agnès.
Agnès - Non, moi c’est pour demain.
Sergio - C’est quoi ?
Samuel - Je te montrerai.
Sergio - (il prend peur) Euh, non. J’ai pas confiance. Hadrien m’expliquera plus tard. Apparemment c’est un truc de mecs.
Cyril - C’est le moins qu’on puisse dire.
Hadrien - Bon, on va arrêter de mimer. À tour de rôle, on en racontera un. Et le plus insolite aura gagné. Ça vous va ?
Sergio - OK.
Samuel - Dites, quand est-ce qu'on va dormir ?
Agnès - Dormir ? Que nenni, regarde derrière ton lit.
Samuel - Vous avez attaché quelqu’un ?
Juliette - T’as de ces idées. C’est un de tes fantasmes ?
Samuel - Je t’en parlerai plus tard. (il va voir) NON ! (Il regarde longtemps le paquet)
Anna - (elle gueule) BON, TU L’OUVRES ?
Samuel - Oui Anna. T’énerves pas (il ouvre) OH génial un micro ondes ! Ça au bout d’une semaine. Ce sera quoi l’année prochaine ?
Juliette - (simplement) Les plats qui vont avec.
Samuel - C’est gentil, merci beaucoup.
Cyril - Quoi c’est tout ? On veut un discours.
Samuel - (il se met debout sur le lit) Y’a quatre ans, pour mon anniversaire, mes parents m’avaient offert une cafetière. Ca m’avait beaucoup fait rire parce qu’avant .....
26/11/2006et plus si affinités (suite)Les retrouvailles
(Agnès, debout sur le lit, elle voit Sergio au loin, et court en criant et en bousculant tout le monde)
Agnès - SERGIO !! SERGIO !! SERGIO !!
Sergio - Heureusement que je ne partirai jamais plus d’une semaine. Vu l’effet que je fais, autant demander ma mutation au sol. Salut Agnès. Il n’est pas là Cyril ?
Juliette - Sûrement chez lui avec un mec.
Sergio - Ah ben c’est ça les cris qu’on entendait !
Juliette - Alors comment ça s’est passé ton voyage ?
Sergio - L’horreur. J’ai tellement eu peur de me retrouver encore coincé avec les flics, que je suis resté dans ma chambre d’hôtel les autres jours.
Agnès - T’es pas sorti ?
Sergio - Non. Par contre, c’est en rangeant mes affaires ce matin, que j’ai retrouvé mes papiers.
Juliette - T’es pas futé quand même !
Sergio - (Énervé), crois-moi que si j’avais pu éviter ça, je l’aurais fait.
Samuel - Même les flics ?
Sergio - Ça se voit que t’as jamais eu sept flics autour de toi.
Samuel - (avec un sourire) Non, c’est vrai, pas autour de moi.
Sergio - Je t’aurais volontiers laissé la place.
Samuel - Je plaisante.
(Cyril fait son entrée suivi de Carlos, ils ont les cheveux en pétard)
Sergio - Salut garçon !
Cyril - Un revenant.
Agnès - (elle le regarde de la tête aux pieds) Tu viens d’où pour être dans cet état ?
Cyril - Euh, qu’est ce que j’ai ?
Agnès - Rien, juste 2, 3, mèches qui dépassent.
Cyril - Oh c’est rien (il se recoiffe. Un garçon fait signe à Agnès de le suivre) Oh la la, qu’est ce que j’ai aux cheveux ?
Juliette - (d’un air de dégoût) Me dis pas que ça colle !
Cyril - (à Carlos) Qu’est ce que tu m’as fait ?
Carlos - (il rigole) Rien de particulier. (Et il part)
Samuel - (il désigne Cyril et Juliette) Où en sont les comptes entre vous ?
Juliette - Apparemment 5 à 4 pour lui. Pourquoi ?
Samuel - Comme ça.
Cyril - Ah, t’as pas traîné non plus !
Juliette - Qu’est ce que tu crois ?
Cyril - (d’un air gamin) Mais je suis toujours en tête.
Juliette - (elle regarde partout) Je devrais pouvoir rattraper ça.
Thierry - (inquiet) Et moi !
Juliette - C’est le jeu !
Thierry - Le jeu ?
Juliette - Eh oui. Ne me dis pas que t’es tombé amoureux.
Thierry - (fier) Du tout. Façon la question ne se pose pas, je suis marié.
Juliette - (à Cyril) Ça compte pas double de se taper un mec marié ?
Cyril - 5 partout.
Juliette - (elle crie de joie) YES !! YES !! YES !!
Cyril - HADRIEN !!
Samuel - Je peux jouer aussi ?
Juliette - OK
Samuel - (à Thierry) Ton copain est pas bi ?
Thierry - Si !
Samuel - C’est combien de points un bi ?
Cyril - 1 point. Ça n’a rien de particulier.
Sergio - Et vous n’en n’êtes qu’à cinq points ?
Juliette - On a recommencé y’a trois semaines. Arrivés à dix points, on reprend à zéro.
Samuel - Et on gagne quoi quand on arrive à dix ?
Cyril - Un lot de capotes.
Samuel - C’est correct. Vous en êtes à combien de dizaines ?
Juliette - C’est la quatrième.
Sergio - (étonné) Depuis trois semaines ??
Cyril - (il le rassure) Non, depuis le début de l’année.
Thierry - Eh ben, on s’ennuie pas.
Juliette - T’en as la preuve.
Thierry - (cherchant à le vexer) C’est pas très gratifiant de savoir que quarante personnes te sont passées dessus avant moi.
Juliette - Pas en même temps quand même.
Thierry - Heureusement.
Juliette - (il lui renvoie la balle) Tu trouves que c’est mieux de tromper sa femme ?
Thierry - J’ai pas dis ça.
Hadrien - (il arrive avec un verre à la main. Il s’adresse à Cyril) Tu m’as appelé ?
Cyril - (ils se marrent tous) Euh! T’as toujours pas viré ta cutille !
Hadrien - (l’air sérieux) Je t’assure que je fais des efforts, mais y’a rien à faire. Tu vas devoir te faire à cette idée.
Cyril - Impossible.
Thierry - (à Juliette) Je vais retrouver mon collègue.
Samuel - (à Cyril) C’était pas bien avec Carlos ?
Cyril - Trop compliqué.
Juliette - (en se marrant) Parce que tu ne l’es pas toi !
Sergio - Elle a de la répartie.
Cyril - Un peu trop à mon goût.
Hadrien - (il se tourne vers Juliette) Juliette. Mon amour. Ça va ?
Juliette - Toujours un verre à la main à ce que je vois.
Hadrien - (il regarde son verre) Je ne les compte plus.
Juliette - (à Cyril, désignant Hadrien) Même bourré, tu crois que tu n’y arriverais pas !
Cyril - (à Hadrien) Au fait Hadrien, tu viens m’aider à sortir des bouteilles de la cave !
Juliette - (à Hadrien) Fais attention à ce que tu bois !
Hadrien - T’es dégueulasse. (ils partent)
Juliette - (à Samuel) Tu veux que je t’aide un peu à ranger ?
Samuel - Ce serait pas du luxe. Merci.
à suivre........................ 25/11/2006la théorie du complot Ce jour là n’est pas comme les autres. Andrew le sait, le sent. Abrité derrière son journal dans la rame de métro qui le conduit à son travail, il surveille le temps qui vient. Alors qu’il fait ce trajet tous les matins, il ressent le besoin constant de contempler et de décrire les vies des passagers. Il s’invente une vie pour chaque voyageur.
Cette dame doit avoir cinquante-cinq ans. Sous son air imperturbable, elle vient de quitter définitivement son mari, ne prenant que le strict minimum : une simple petite valise à roulettes et toute sa liberté à l’intérieur. Cet homme de quatre-vingts ans est le président d’une grande entreprise. Il se rend à son énième réunion. Voilà pourquoi il semble blasé. L’âge n’a pas eu beaucoup d’emprise sur lui. Le jeune homme à ses côtés ne se rend pas compte du bonheur qu’il a. Il est en train de gâcher sa vie à fuguer inlassablement alors qu’il a la chance d’avoir des parents très ouverts et compréhensifs. La dame qui le regarde d’un mauvais œil vient de fêter ses quarante ans et déjà elle est aigrie. Elle accumule les échecs amoureux sans se remettre en question. Chaque matin, après avoir fait ce tour d’horizon et inséré les gens dans des cases, Andrew a la main mise sur la situation. Il ne peut démarrer la journée différemment.
Adolescent, ses parents lui reprochaient déjà de trop dévisager les personnes sans se demander s’il gênait. Jeune adulte, il passait des heures dans les cafés à prendre des notes sur tout se qui l’entourait. Il ne s’agissait pas de sujets avec des histoires particulières, mais de situations, de comportements ou tout simplement de détailler un endroit. Jamais il n’a cherché à exploiter cette activité. Ce hobby devenait automatique et, depuis quelque temps, il a réussi à tout faire passer dans sa tête sans écrire une seule ligne. Là, dans le métro ou à un autre moment lorsqu’il marche dans la rue. Il devient alors très difficile de se balader avec Andrew, son esprit est toujours ailleurs et sa tête jamais figée. Une vraie girouette. Il vit seul car aucune femme n’a réussi à le captiver suffisamment pour le garder. Elles se sont toutes lassées de ce vagabondage d’esprit. Mais il est comme ça et se complait dans cette vie là.
A peine monté dans cette rame et assis à cette même place, Andrew sent une atmosphère différente. Une fois son tour d’horizon effectué et ses vies créées, impossible de se concentrer sur la lecture de son quotidien. D’un point de vue extérieur, la situation reste pourtant identique aux autres jours et les gens presque les mêmes. En y prêtant plus attention, il voit ce qui a changé : l’attitude des voyageurs à son égard. Pour la première fois il se sent épié. Il est épié. Andrew vit le comble du voyeur : être mis à nu. Et lorsqu’une situation lui échappe, il devient nerveux.
Deux possibilités s’ouvrent à lui : quitter aussitôt cette rame et fuir ces voyeurs irrévérencieux qui le scrutent ou tâcher de comprendre la situation et reprendre le dessus. Gros dilemme. Jamais ces éventualités ne se sont présentées. Un choix cornélien s’impose. S’enfuir s’apparente à une solution trop facile qui n’est pas dans son caractère. Bien au contraire. De tous ses déboires connus, Andrew a su faire preuve de courage et de ténacité. Et puis dans cette situation, il n’a fait de mal ou n’a agressé personne ! Bien au contraire, ce sont les gens de cette rame qui le provoquent. Qu’est ce que le regard innocent d’un voyeur professionnel face à celui d’une trentaine de paire d’yeux agressifs ? Ce matraquage ne peut plus durer.
Et s’il s’était trompé dans l’histoire créée des personnages ? Cet homme de quatre-vingts ans ne serait-il pas son propriétaire cherchant à l’expulser ? Après tout, Andrew est passé par une agence et, depuis six mois, il a des retards dans ses paiements de loyers. Il peut très bien s’expliquer et il n’hésitera pas à le faire lorsqu’il se sentira prêt. La dame de cinquante-cinq ans est sûrement sa patronne. Il en est désormais presque sûr. Depuis huit ans qu’il travaille dans cette manufacture, il a toujours été un employé modèle, mais depuis quelques temps, une restructuration et une compression de personnel s’imposent. Andrew est dans la ligne de mire. Il n’a pas vu sa patronne depuis cinq ans et celle-ci vient sûrement guetter ses moindres faits et gestes. Andrew sent son pouls accélérer à une rapidité vertigineuse. Il a soudain très chaud et les mains moites. Il ne se sent pas bien. Alors que le jeune homme le regarde, Andrew prend peur. Il est persuadé que celui-ci va l’agresser. Oui, il a tout d’un agresseur : la désinvolture, l’irrespect, la tenue même. Notre voyeur a toujours prêté beaucoup d’intérêt à la tenue vestimentaire qu’arborent les gens.
Andrew plie et range son journal, se plaque la tête contre la vitre, se cale bien dans son fauteuil et ne bouge plus. Un dernier regard à la dame de quarante ans qui vient de se lever. Il ferme les yeux et suffoque.
- Monsieur ! Lui dit-elle en le prenant par l’épaule, monsieur, vous transpirez, vous ne vous sentez pas bien ?
Edward se lève d’un bond en criant toute son horreur.
- Laissez-moi ! Laissez-moi ! Je vous en supplie. Faites arrêter ce train, hurle-t-il en tapant sur la vitre.
Tous les passagers de la rame le regardent, ahuris, sans comprendre un mot de ce qui arrive.
- Laissez-moi, reprend-il, je sais très bien ce que vous voulez. Monsieur, hurle-t-il en montrant du doigt l’homme âgé, qui soudain prend peur et se sent agressé. Oui, vous, je peux tout vous expliquer. Je ne serai plus en retard dans mes loyers, n’ayez crainte, j’attends une prime de mon employeur. J’ai eu de gros soucis de santé auxquels j’ai dû faire face mais il ne faut pas que mon employeur me congédie. Madame (Andrew se retourne violemment pour faire face à la dame de cinquante cinq ans), oui, c’est à vous que je m’adresse. Cela fait longtemps que nous ne nous sommes pas vus. Je sais que des compressions de personnels sont en vue. Je sais que je suis sur la sellette, je sais tout cela, mais s’il vous plaît ne me licenciez pas. Pas maintenant, car voyez-vous, je serais vraiment à la rue.
La dame prend peur et maintient fort son sac contre elle.
- Et comme vous pouvez le constater, continue-t-il en murmurant, je ne suis pas à l’abri d’une agression et elle pourrait arriver plus vite que vous ne pensez. J’ai besoin d’être protégé.
Le métro s’arrête à la station suivante et des hommes de la sécurité entrent. Andrew se jette dans leurs bras et explique la situation. Afin de libérer les otages, les agents ne voient pas d’autre solution que de le faire évacuer. Il est enfin soulagé ! Protégé.
et plus si affinités (suite)Après l’effort, le réconfort
(Samuel sort des toilettes avec Franck. Il se fait discret)
Samuel - Faisons comme s’il ne s’était rien passé.
Franck - Vu les cris que t’as poussés, c’est mal barré.
Samuel - On n’a pas idée aussi d’avoir un tel engin entre les jambes !
Franck - (d’un air gentil) Je voulais te faire la surprise.
Samuel - Tu parles d’une surprise, c'est comme si tu m’avais arraché les hémorroïdes. J'ai l'impression d'avoir une crampe.
Franck - (il lui tape dans le dos) Comme ça, t’es prêt pour la prochaine fois.
Samuel - La prochaine fois ? Tu plaisantes ! Il va bien me falloir un mois avant d’être complètement opérationnel.
Franck - C’est pas à moi que tu vas faire croire ça !
Samuel - Pour qui tu me prends ?
Franck - Ce que tu es, une traînée.
Samuel - (avec un soupir) Au moins j’ai baptisé les toilettes. (il voit Agnès sur le lit avec les garçons) Attends, je vais voir une copine. (Il le laisse en plan) Agnès. Je vous dérange ?
Agnès - Plus maintenant. Ça va mieux ?
Samuel - (l’air naïf) De quoi tu parles ?
Agnès - Tu ne vas pas nous faire la sainte nitouche ! Tout le quartier à entendu.
Olivier - (intéressé) Quelle taille ?
Samuel - Vous m’avez entendu crier, ça devrait vous suffire.
Marc - On veut des détails.
Samuel - Viens dans les toilettes, je vais te les donner les détails.
Laurent - (s’incrustant) Je peux venir aussi ?
Samuel - Autant rester sur le lit alors !
Agnès - Eh ! Vous verrez ça plus tard. Je n’ai pas envie d’être souillée.
Samuel - Tu l’es déjà. Tiens, Juliette refait son apparition. (Il part la voir.)
Marc - (toujours intéressé) Nous oublie pas.
Samuel - Juliette !
Juliette - Oh, Samuel. Ben t’es tout rouge. (Un grand sourire) T’as chaud ?
Samuel - Ça va mieux.
Juliette - Je ne te ferai pas de sermon, je serais mal placée.
Samuel - Pourquoi t’es toute mouillée ?
Juliette - (désignant Thierry) C’est de sa faute.
Samuel - (à Thierry) Ben dis-moi, t’as un sacré débit.
Thierry - (il le rassure) C’est de l’eau. Elle est tombée dans l’évier.
Samuel - Il a bien fallu que tu la pousses d’une manière ou d’une autre, (il s’empresse de rajouter) mais je ne veux pas connaître les détails. (Il voit Anna) C’est qui le mec avec Anna ?
Juliette - (elle accourt) MIO SERGIO !!
Samuel - Je crois que j’ai la réponse.
Sergio - C’est quoi tout ce monde ? Et on est chez qui ?
Juliette - Anna t’a pas dit ? On est chez Samuel. C’est sa crémaillère.
Sergio - Depuis le temps qu’on m’en parle. C’est lequel ?
Samuel - (il est à coté) C’est moi. Salut Sergio.
Sergio - Salut.
Samuel - Tu veux un verre ?
Sergio - t’as du vin ?
Samuel - Je reviens tout de suite. (Il part en chercher)
Sergio - Juliette, pourquoi t’es trempée ?
à suivre...........................
19/11/2006http://www.youtube.com/watch?v=1xpkRj99FH0 17/11/2006et plus si affinités (suite)L’ivrogne et la nympho
(Retour à la crémaillère, Hadrien commence à être bien amoché, et dit un peu n’importe quoi. Il trouve Juliette)
Hadrien - Salut poupée.
Juliette - Qu’est ce que t’as mis dans ton verre ?
Hadrien - Dans lequel ? Je vide les verres que je trouve sur mon passage.
Juliette - Oh non ! Hadrien, t’as pas fais ça ! (Dégoûtée) Mais c’est dégueulasse !
Hadrien - Râles pas, ceux qui servent de cendriers, je les laisse.
Juliette - Tu me rassures vachement.
Hadrien - (un temps) Alors ça marche les amours ?
Juliette - J’oublie toujours son nom, mais bon, ça n’a pas l’air de le traumatiser, vu que lui non plus ne connaît pas le mien. Je change à chaque fois, il n’y voit que du feu. (Thierry les rejoint)
Thierry - Sophie, je te cherchais.
Juliette - (elle rigole) Non, moi c’est Sandrine.
Thierry - Ah oui, c’est vrai. C’est qui, lui ?
Juliette - Hadrien. Un ami. Je te présente... (Elle ne se souvient pas)
Thierry - Marc, bonjour.
Juliette - (elle reste perplexe) Marc, bien sûr.
Hadrien - (à Juliette) Bon, alors, quand est-ce qu’on se met ça tous les deux ?
Juliette - (ne comprenant pas) On se met quoi ?
Hadrien - (l’air coquin, avec un clin d’oeil) Tu sais bien, fais pas ta mijaurée.
Juliette - Moi ! Je fais la mijaurée ? Dis-moi d’abord de quoi tu veux parler et on verra.
Thierry - Je vous laisse ?
Juliette - (elle le prend par le col) Toi tu restes là. (à Hadrien) Je t’écoute !
Hadrien - Prends pas la mouche ! Sinon, c’est mal barré.
Juliette - Tu veux pas te mettre au jus d’orange quelques temps, ça te ferait le plus grand bien.
Hadrien - (il réfléchit) C’est pas alcoolisé ça, c’est pour les gamins. J’ai passé l’âge, je sais ce que je fais.
Juliette - (elle se fiche de lui) T’as l’air.
Hadrien - D’ailleurs, pour te le prouver, sers-moi un verre.
Juliette - (elle regarde au loin) J’en vois encore qui ne sont pas vides. Profites-en.
Hadrien - Hé, je suis pas une poubelle !
Juliette - T’as l’air d’aimer ça.
Hadrien - (d’un air gamin) Ne me parle pas comme ça. Je suis un garçon doux et sensible.
Juliette - Ah oui, j'avais oublié (elle réfléchit un doigt dans la bouche) !
Hadrien - Qu’est ce que tu fais ? Tu t’es cassée une dent ?
Juliette - Imbécile je réfléchis.
Hadrien - À quoi ?
Juliette - (un temps) T’as des fantasmes !
Hadrien - Qui te l’a dit ? C’est Cyril ?....Non c’est Anna. Elle va m’entendre. (Il commence à partir, elle le retient)
Juliette - Calme-toi. On en a tous, je le sais.
Hadrien - Ah bon, je préfère. (Un temps) Qu’est ce que t’as dit ? On en a tous ? Ah oui ? C’est quoi les tiens?
Juliette - Justement, ça pourrait faire le sujet d’un jeu.
Hadrien - Oh la la ! Je dois être fatigué, je comprends rien à ce que tu racontes.
Juliette - Va faire une sieste.
Hadrien - (de joie) Avec toi ?
Juliette - Euh... Non Hadrien. Moi j’ai ...
Thierry - (à l’oreille) François.
Juliette - J’ai François pour ça. D’ailleurs il commence à s’impatienter. Hein ! (Elle lui tape dans les cotes)
Thierry - Aïe! Tu viens de me froisser une cote.
Juliette - (elle le caresse) Tu vois, il faut que je m’occupe de lui.
Hadrien - Mais, et les fantasmes ?
Juliette - (avec un clin d’oeil) Je vais y penser.
Hadrien - Tu t’occuperas de moi après ?
Juliette - (à Thierry) Bon allez, on se casse. (Ils partent, Hadrien continue de vider les verres)
à suivre.........................
12/11/2006la toile maléfique Dans son studio, au 3 Washington Square North, au Village de Manhattan, Edward Hopper tremble à l’idée de ce qu’il est en train de peindre. Si nous pouvons décrire un paysage, une route, un lieu que l’on n’a jamais traversé, aucun souvenir ne devrait se greffer dessus. Seulement voilà, sur la toile, cette rue entrant dans ce village, lui rappelle un souvenir et il est persuadé ne jamais avoir mis les pieds ou avoir vu cet endroit précédemment.
Par recomposition, nous pouvons penser qu’il regroupe sur un même tableau, plusieurs fragments de lieux, maisons, voitures vus, mais il s’agit d’autre chose. Nous sommes en 1945 lorsque Jo, sa femme, lui soulève cette question. Elle est elle-même perplexe en voyant sa toile.
- Tu penses la même chose que moi, lui demande-t-elle ?
- J’en ai bien peur.
Les époux se regardent et essaient de comprendre. L’un comme l’autre, depuis plusieurs mois, rêvent de cet endroit. Ils ne se le sont jamais expliqué jusqu’à présent, mais là, ça devient trop important. Les images qu’ils en conservent apparaissent suite à une altercation entre deux hommes, devant une maison, en plein Manhattan. Il s’agit d’un règlement de compte assez violent, et les époux Hopper sont assez choqués.
La nuit suivante, Edward rêve d’une situation semblable, mais dans un village. Le lieu, dans son imagination, est extrêmement bien construit, mais l’action complètement figée. On pourrait penser qu’il s’agit d’un village laissé à l’abandon mais ce n’est pas le cas. Les jardins sont entretenus, des voitures sont garées sur le bas-côté, et pas une sâleté ne traîne. Le lendemain matin, Edward en parle à sa femme sans plus y prêter d’attention. Quelques jours plus tard, Jo se réveille en sueur. La même image lui est apparue. Les descriptions relatées sont les mêmes, à quelque chose près, dans son souvenir, elle voit les deux hommes entrant chacun dans leur maison respective : ils sont voisins. Jour après jour, Edward et Jo décrivent leurs flashs, et jour après jour, une histoire se tisse.
Selon les rêves de Jo, les deux personnes, M. John Cabe et M. Philip Hatkins, quarante-sept et quarante-neuf ans, sont collectionneurs d’art. Ils s’entendent en apparence très bien, se rendent ensemble dans les grandes ventes organisées, et n’ont pas cet esprit compétiteur entre eux. Leurs affaires se déroulent relativement bien. Régulièrement, ils se retrouvent dans un café pour parler de leur vie et de leurs trésors acquis. Le soir, cet endroit est un havre de paix et ils s’en donnent à cœur joie pour refaire le monde.
Un jour, dans ce même café, Philip fait part à John d’un tableau récemment acquis. Sans pouvoir l’expliquer, cette toile le touche plus particulièrement. Au fur et à mesure de la description, John se sent de plus en plus interpellé et lui demande de voir cette peinture. Philip hésite, sentant chez son ami un intérêt qui dépasse ses réactions habituelles. Il fait traîner les choses, ce qui attise encore plus la demande de John. Jamais son ami ne lui a refusé de voir ses acquisitions. Et cette œuvre-là bizarrement, l’intéresse plus particulièrement. Mais de ça, il n’en parle pas, préférant attendre d’être confronté au tableau.
Un matin, enfin, Philip propose à son ami de passer un pacte avec lui. Fraîchement réveillé, John ne comprend pas trop ce qui pousse son voisin à débarquer aussi tôt chez lui. Et pour un marchand d’art, engager un pacte ne signifie qu’une chose : ne pas acquérir un certain bien. En l’occurrence ce tableau. Avide de découvertes et féru comme personne pour dénicher des toiles de maîtres, il accepte sa proposition. John a bien une idée derrière la tête et redoute en même temps ce qui l’attend.
Ils conviennent de prendre un brunch ensemble chez Philip dans l’heure qui suit.
Les rêves de Jo s’arrêtent là. La frustration et l’incompréhension atteignent leurs paroxysmes. Que s’est-il passé durant ce brunch, si tant est que les rêves de Mme Hopper soient justes ? Est-ce que leur altercation est intervenue à la suite de ce déjeuner ? Deux questions trop importantes pour en rester là. Edward ne peut pas imaginer continuer de peindre cette toile sans en connaître l’histoire complète. C’est la première fois que cela lui arrive et il est assez déboussolé.
Ils décident alors de se rendre chez ce M. Hatkins sans attendre, espérant que cette maison est bien à lui, ou au pire à M. Cabe. Ce jour-là, il fait beau sur Manhattan et les époux Hopper décident de se rendre sur le lieu à pied. Durant tout le trajet, Edward ne cesse de poser des questions à sa femme sur quelque détail supplémentaire dont elle pourrait se souvenir. Mais elle lui a tout livré. Viennent ensuite les questions sur la marche à suivre pour tâcher de voir ce tableau. Edward compte bien profiter de sa notoriété pour arriver à ses fins et Jo l’encourage vivement dans ce sens.
Une fois devant la maison, les époux ne savent que faire. N’ayant jamais été confrontés à ce problème, comment pourraient-ils même l’expliquer ? Edward frappe à la porte, sans savoir quoi dire. Malheureusement pour eux, personne ne répond à leur demande. La maison est vide. Edward redoutait cette éventualité. C’est alors qu’après un long moment de silence, prêt à rentrer, ils voient au loin M. Hatkins sur le trottoir, rentrant justement chez lui. Les deux hommes se regardent sans trop savoir comment réagir. Jo, qui est aussi son agent, brise la glace et s’avance vers le collectionneur d’art.
- Bonjour monsieur, excusez nous, mon mari est Edward Hopper, le peintre.
Philip Hatkins éclate d’un rire nerveux en voyant le célèbre peintre sur le perron de sa propre maison.
- M. Hopper ? Je sais très bien qui vous êtes, j’admire votre travail, mais euh, j’avoue que je ne comprends pas.
Jo sait très bien que dans ces cas là, elle n’existe plus trop. Sachant se faire discrète, elle laisse son époux prendre la suite.
- Voilà, s’explique Edward, ce qui nous amène avec ma femme est assez délicat. Je suis désolé de me comporter de la sorte sans prendre rendez-vous, mais il s’agit d’une affaire particulière.
- Vous n’avez pas à vous excuser, c’est un grand honneur de vous voir. Mais peut-être voudriez-vous entrer ? Dit-il en ouvrant grand sa porte et en les invitant avec un large sourire. Un peu plus tard, dans le salon, devant une tasse de café, Edward se lance dans une quelconque explication de sa venue. Jo prend ça et là la parole pour développer certains points, mais il semble bien que M. Hatkins ne saisit pas un mot. Qui le pourrait ? Reste qu’ils ne quitteront pas cette maison sans avoir vu la toile.
- Nous voudrions voir le tableau, s’il vous plait, finit-il par dire.
- Comment ça ? Vous voulez revoir le tableau que vous avez peint et vendu ?
Le silence qui apparaît par la suite semble être une éternité pour Edward, et Philip affiche aussitôt un visage moins confiant.
- M. Hatkins, reprend Jo, s’il vous plait, nous ne comprenons pas nous mêmes ce qui se passe, surtout que mon mari est justement en train de peindre ce tableau, voyez-vous ? Nous voudrions avoir la confirmation qu’il ne s’agit pas du même. Puisque cela est impossible. Mon dieu, se dit-elle, j’ai l’impression de divaguer. Ce que je dis là n’a aucun sens.
L’embarras est tel que M. Hatkins finit par les diriger dans son bureau où trône derrière son fauteuil… ce même tableau. Edward et Jo sont sans voix. Il s’approche afin de mieux contempler son œuvre et pendant un long moment Edward reste là, figé devant, comme s’il s’agissait d’un tableau de quelqu’un d’autre. Durant ce temps, Jo continue d’expliquer en détail l’histoire complète de ce tableau.
- Durant le brunch que vous avez eu avec M. Cabe, que s’est-il passé pour que vous ayez cette altercation que nous avons réellement vue ? C’est bien cela, la scène sur le trottoir a eu lieu après votre rendez-vous !
- Oui, répond-il en regardant Edward et son œuvre, de peur qu’il lui prenne. Je lui ai montré ce tableau et John s’est emporté en disant qu’il lui fallait absolument. Je connais John et je redoutais cela. C’est en toute connaissance de cause que je lui ai montré. La suite vous la connaissez. Mais l’autre raison pour laquelle il s’est emporté, c’est qu’il avouait détenir lui aussi cette œuvre, ou du moins en partie. Bien entendu, j’ai demandé à la voir et en effet, un autre exemplaire existait. A la différence près que son œuvre ressemblait plus à une esquisse qu’à une peinture finie.
- J’avoue avoir fait une esquisse de ce tableau mais encore une fois cela est intervenu après cette série de rêves.
- Et cette esquisse, tu sais où elle est ? Lui demande Jo.
- A la maison, j’en suis certain.
Désolé mais je ne comprends rien à tout ce qui se passe, M. Hopper. Est-ce bien vous oui ou non qui avez peint cette toile ?
Cette question provoque un doute naturel auprès d’Edward. Doute aussitôt enlevé par Jo qui a vu, étape par étape, la toile se créer. Les époux rentrent finalement chez eux en promettant à M. Hatkins de le prévenir une fois que le voile sera levé sur cette affaire.
Octobre 2006. A ce jour, aucun expert ni témoin n’a été en mesure de comprendre et d’expliquer le secret de cette toile. M. Hatkins ne l’a jamais vendue à qui que ce soit. C’est sa fille qui la détient à présent. La toile est entreposée dans un coin reculé de son salon, et personne n’y fait attention, mais des changements ont eu lieu. Les voitures se sont actualisées, les jardins modifiés et en regardant de plus près, on aperçoit qu’un rideau d’une des maisons mises au premier plan a bougé et que la tête de Edward Hopper est apparue.
07/11/2006et plus si affinités (suite)Le fétichiste
(Cyril est en prise avec Carlos, chez lui.)
Cyril - Installe-toi, fais comme chez toi.
Carlos - (il allume la télé) T’es câblé ?
Cyril - En quoi ?
Carlos - Déformes pas. T’as le câble pour la télé ?
Cyril - (déçu) Euh non. Me dis pas que tu voulais regarder la télé !
Carlos - Tu m’as dis de faire comme chez moi.
Cyril - (à lui-même) Ouaih. (Un temps) Je suis pas avancé.
Carlos - Je plaisante. Tu veux faire ça où ?
Cyril - Je m’en fous, mets-toi à poil, on avisera.
Carlos - (sérieux) À poil ? Tu plaisantes !
Cyril - J’ai l’air ?
Carlos - On peut mettre de la musique en même temps ?
Cyril - (il commence à s’énerver) Je mets la musique et je veux plus t’entendre. OK ?
Carlos - (au garde à vous) YES SIR !
Cyril - (ça le fait sursauter) Qu’est ce qu’il te prend ?
Carlos - J’aime bien qu’on me parle comme ça. T’as pas un fouet et une bougie par hasard? (Il cherche)
Cyril - (il ne comprend pas) Allô ?
Carlos - Ben oui, c’est pas compliqué ce que je demande. (Il cherche) Ah ! Voilà la bougie. T’as le fouet?
Cyril - On fait à ma façon si ça te dérange pas.
Carlos - C’est à dire ?
Cyril - À poil.
Carlos - Quelle obsession! C’est d’un commun !
Cyril - Peut-être mais on peut faire encore beaucoup de choses sans l’aide d’un fouet. Il suffit juste d’un peu d’imagination.
Carlos - (il ne comprend pas) Ima... quoi ?
à suivre............................ 28/10/2006et plus si affinités (épisode 1) suiteLit pour six
(Anna part chercher Sergio à l’aéroport, elle cherche à en avertir Agnès. Elle demande à cinq garçons, en train de chahuter sur le lit)
Anna - Excusez-moi ! (Ils ne prêtent pas attention à elle. Plus fort) S’il vous plaît ! (Un d’eux la regarde)
1er garçon - Qu’est ce que c’est ?
Anna - Vous n’auriez pas vu Agnès par hasard ?
Agnès - (elle sort de sous la couette en poussant deux des garçons) Oui, je suis là ! (Elle a les cheveux tout ébouriffés)
Anna - Eh ben, on ne s’ennuie pas ici. (Un temps) Dis, les autres sont occupés...
Agnès - (elle lui coupe la parole) Moi aussi. Enfin je l’étais.
Anna - Je t’avais pas vue. Je pars chercher Sergio à l’aéroport, tu préviendras les autres !
Agnès - Comptes sur moi. (Elle retourne sous la couette aussitôt, Anna s’en va)
à suivre............................. 27/10/2006l'arrangement Elle avait décidé de s’installer dans une région désertique peu après le mariage de sa fille. Trop de tensions s’étaient accumulées lors de la réception et les deux familles avaient même profité de ce jour pour régler leurs comptes. Mme Mirteau part donc se reposer quelques jours en Camargue, alors que son mari doit se rendre à l’étranger. Pour lui aussi, vite reprendre le travail est plus que nécessaire.
Arrivée sur place, Mme Mirteau elle se dirige vers une maison d’hôte, conseillée par sa fille. La maison, située à l’écart du village, est simple, composée d’un salon style art déco, de deux chambres de la même configuration, d’une cuisine très fonctionnelle et d’un perron tout en bois. Différents petits chemins jalonnent autour pour aller se perdre dans une forêt de pins.
A peine installée dans une chambre à lit double, le temps vire du maussade au pluvieux à une vitesse fulgurante. Elle entend alors des voix se rapprocher du perron. Par la fenêtre du salon, elle aperçoit trois randonneurs : deux hommes et une femme d’une trentaine d’années. Afin de montrer qu’elle est encline à partager cette maison, elle leur ouvre la porte et les accueille avec un grand sourire.
- Bonjour ! On dirait qu’il était temps que vous arriviez, leur annonce-t-elle toute joyeuse en regardant la pluie tomber.
Les visiteurs se regardent pour lui montrer leur étonnement de cet accueil et, bizarrement, restent bouche béée sur le perron à la regarder, attendant une éventuelle réaction de sa part. Puis, n’en voyant aucune, ils feignent de partir.
- Entrez ! Entrez ! Je suis moi-même arrivée il y a une heure.
- Excusez-nous, on pensait qu’il s’agissait d’une maison d’hôtes et que nous serions seuls, répond un des hommes.
- Mais, c’en est une ! C’en est une. Je viens juste vous accueillir et il est vrai que j’ai réservé à la dernière minute. Il y a un problème ? Je m’appelle Mme Mirteau, leur dit-elle avec un large sourire en leur tendant la main. Ils la saluent d’un air dubitatif et se regardent entre eux, perplexes.
Mme Mirteau aime et a l’habitude de toujours recevoir beaucoup de monde, sans toutefois avoir les bonnes manières, et son hospitalité peut gêner qui n’en a pas l’habitude. Si un malaise se crée au sein du groupe, elle n’en voit pas l’ombre. Les trois nouveaux occupants se dirigent sans dire un mot vers une des chambres.
- Ah ! Excusez-moi, j’ai pris mes aises et je me suis déjà installée dans cette chambre là, s’empresse-t-elle de leur dire en les retenant avec un sourire pincé. J’espère que vous n’y voyez pas d’inconvénient. Après tout, je suis arrivée la première, s’esclaffe-t-elle.
L’autre chambre possède deux petits lits superposés.
- C’est pas grave, pour une fois, nous ne dormirons pas ensemble. Après tout, nous ne sommes qu’un couple, répond en éclatant de rire un des deux hommes, pour lui ouvrir les yeux sur le ridicule de la situation. La courtoisie serait de leur laisser la chambre double, mais non, Mme Mirteau en a décidé autrement.
Ils sont accompagnés d’un ami qui a jugé bon de directement s’installer sur le canapé du salon sans faire de vague supplémentaire.
Mme Mirteau va sur le perron de la maison où une chaise longue l’attend. En regardant la pluie tomber, elle fait le point sur le mariage de sa fille et sur le conflit régnant. Depuis les présentations avec les beaux parents, un climat de tension s’est installé. Nul doute que chacune des familles aurait voulu marier leur progéniture à quelqu’un d’autre. Il faut dire que Sophie et Pierre Leblanc, les nouveaux mariés, n’ont pas arrangé les affaires de leurs parents respectifs. Le rachat d’une importante usine de textile est en cours et Messieurs Leblanc et Mirteau sont en lice.
La première fois, lorsque Sophie présente Pierre, M. Mirteau refuse tout simplement d’entendre parler de lui. Deux ans plus tard, lorsque la question de mariage arrive, Mme et M. Mirteau s’interposent, mais c’était sans connaître le caractère des futurs époux. Depuis ce jour, les parents évitent toute discussion sur l’autre famille. Ainsi, peu avant le mariage, lorsque Mme Mirteau demande à sa fille l’adresse d’une maison d’hôte, elle ne peut pas savoir que, de son côté, Pierre manigance un plan et propose à des amis proches, invités au mariage, la même chose.
Chez les Leblanc, il s’agit bien d’un mariage d’affaires et leur fils sait ce qu’on attend de lui : mettre Sophie dans leur camp et lui à la tête de cette manufacture, coûte que coûte. Sophie est l’opposé de sa mère et depuis cette histoire de rachat, elle lui tourne le dos. Ce mariage, bien qu’elle éprouve réellement de forts sentiments d’amour pour Pierre, son mari, est surtout un pied-de-nez à ses parents pour leur montrer toute leur bêtise. Elle se contrefiche de leur intérêt. En même temps, elle sait tout le bien que pensent les Leblanc d’elle et ils savent le lui montrer. Un accord a été signé au préalable : si elle obtient gain de cause pour que ses beaux-parents rachètent cette usine, elle sera actionnaire à hauteur de 33%.
Durant le mariage, Mme Mirteau était tellement occupée à gérer l’organisation, qu’elle n’a pas prêté attention aux amis de Pierre. Sandra, Alex et Fabrice, jouent leur rôle de simples randonneurs à merveille et le temps pluvieux va en leur faveur.
Sandra rejoint Mme Mirteau sur le perron. Cette dernière a le regard perdu dans le vide et ne la remarque pas arriver.
- Vous vous remettez de toute cette tension débordante ?
Mme Mirteau réagit avec stupeur, sortant de ses pensées.
- Pardon ? Vous dîtes ?
- Oh, rien. Juste que j’aime aussi regarder la pluie tomber.
- C’était sympa ce mariage, dit Alex en arrivant, à Sandra. Hein ! Qu’est ce que t’en penses ?
- On peut dire qu’il était réussi en effet, répond Sandra en faisant participer Mme Mirteau à la conversation. Mais il m’est resté un goût amer dans la bouche.
- Ah bon, intervient Fabrice, quelque chose t’a déplu ?
- Je crois que c’est cette hypocrisie latente qui régnait tout le long. Elle se tourne vers Mme Mirteau et lui demande : vous ne trouvez pas ?
Cette dernière n’en peut plus de cette mascarade et sort de ses gonds.
- Mais enfin ! Expliquez-vous ? Qui êtes vous ? Que me voulez vous ? Je ne comprends pas un traître mot de ce que vous racontez.
- Tu vois, répond très calmement Sandra à Fabrice en soupirant, c’est exactement ce dont je voulais parler.
A présent, elle en oublie Mme Mirteau, faisant comme si elle n’existait plus. Ses amis comprennent son jeu et en font de même. Ils changent de sujet et plaisantent. Mme Mirteau, retourne alors dans sa chambre et s’enferme. Elle est prise au piège. Il pleut violemment et la nuit tombe. Elle est condamnée à passer la nuit avec ces trois individus. Elle en profite pour leur concocter un plan. Elle n’est pas née de la dernière pluie et ce ne sont pas trois jeunes qui lui feront peur. Elle sait qu’elle n’aurait pas du s’emporter, c’est là sa grande faiblesse. Son mari le lui a plusieurs fois répété : pour déstabiliser l’adversaire, il faut rester impassible.
Le lendemain, au réveil, Mme Mirteau, de bonne humeur, se lève la première. Elle a longuement réfléchi à ce qui avait été dit la veille et se rappelle finalement des amis de Pierre. Elle s’installe sur le perron et laisse filer ses pensées face à un temps qui ne s’est pas amélioré. Un peu plus tard, les trois colocataires la rejoignent. Chacun d’eux se souvient comment s’est terminé la soirée et Mme Mirteau attend de voir leur réaction. Ne surtout pas contre-attaquer. Ils n’attendent que ça.
Ils sont venus prendre le petit-déjeuner et semblent tout joyeux à l’idée de se remémorer des moments passés. Jusqu’au moment où vient une conversation sur la famille Leblanc. Mme Mirteau n’a pas besoin de tendre l’oreille, elle entend parfaitement bien tout ce qui se dit. Alex semble sincèrement dégoûté par ce mariage d’affaires et doute de la valeur des sentiments de Sophie. Fabrice, quant à lui, reconnaît l’intérêt pour la famille d’un tel arrangement mais ne voit pas le but de Sophie à s’unir avec les Leblanc. Enfin, Sandra rectifie leur position en déclamant que « la fille Mirteau », comme elle dit, n’a d’yeux que pour Pierre. En se mariant, elle laisse tomber des parents qui pensent plus au poids de leur nom dans la région et à leur importance dans le milieu du textile.
Irritée par ces remarques déplacées, Mme Mirteau intervient.
- Puisque vous parlez de moi, au lieu de faire comme si je n’étais pas là, vous permettez que je participe à ce débat passionnant, dit-elle en s’immiscant dans le groupe sans attendre leur réaction. Je me souviens très bien de vous au mariage, vous étiez assis à deux tables de la nôtre et vous n’avez rien fait pour rester discrets malgré les histoires scabreuses que vous débitiez tout au long du dîner. Sachez pour ma part, ma chère Sarah…
- Sandra, rectifie aussitôt l’intéressée.
- Si vous voulez. Sarah, Sandra, c’est tout aussi moche remarquez. Sachez, ma chère, reprit-elle sans lui laisser le temps de répondre, que ma fille aime sincèrement Pierre et que le conflit que l’on a, mon mari et moi, avec la famille Leblanc remonte bien avant leur rencontre. Elle sait très bien où elle va en se mariant avec lui et je puis vous assurer que, mariage ou pas, le combat que nous menons pour avoir cette entreprise reste le même. Vous avez fort bien fait de parler d’intérêt sur le long terme car ils n’en verront pas le jour. Vous pourrez dire à Pierre lorsque vous le verrez, qu’en se mariant avec ma fille il a d’ores et déjà perdu le contrat instauré entre ses parents et lui. Je suis au courant qu’ils proposent 33% de la société à ma fille. Nous, nous lui lègueront tout. Autre chose à ajouter ?
Là-dessus, Sandra, Alex et Fabrice se regardent ne sachant que dire.
- Pierre a bien été stupide de vous envoyer jusqu’ici afin de rajouter un malaise qui n’existe pas. Tout est très clair dans notre famille. Je suis au courant de toute la vie de Claire. Je plains seulement vos pauvres parents.
Mme Mirteau se lève et retourne dans sa chambre pour se préparer. A sa sortie, elle voit les trois donneurs de leçons ranger leurs bagages et commencer à partir.
- Ah ! Vous ne restez pas ? Dit Mme Mirteau en souriant.
- Vous ne pensiez tout de même pas que nous étions venus spécialement pour vous ! Annonce Alex le plus calmement possible. Non, Pierre et Sophie nous attendent un peu plus loin pour un séjour entre amis. Elle ne vous l’a pas dit ? Demande-t-il l’air étonné en fronçant des sourcils. Vous n’êtes vraiment pas au courant de tout. Comme c’est dommage. Et décidément, vous persistez à vous donner plus d’importance que vous n’en avez, Madame.
La pluie tombait violemment sur les trois voyageurs. 15/10/2006et plus si affinités (épisode 1) suiteBain de jouvence
(Juliette est en train d’embrasser fougueusement un garçon, elle est assise sur l’évier de la cuisine. Ils sont dans un tel état d’excitation, que lorsqu’il lui embrasse les seins, elle prend appui sur le robinet, l’ouvre et remplit l’évier)
Juliette - Oh oui, oh oui, OH OUI !! NON !! NON !! ARRETE!! ARRETE !! (Il arrête) Mais continue imbécile! (Elle le tape, il continu, elle tombe dans l’évier) Oh ! Je jouie !
Le garçon - Hein ! Déjà ?
Juliette - Merde ! Je suis toute mouillée. (Elle se relève, Cyril arrive avec Carlos, tout débraillé, les cheveux en pétard)
Cyril - Ben, qu’est ce qu’il t’est arrivé ?
Juliette - (elle le regarde de la tête au pied) Comme toi apparemment, j’ai pris mon pied. (Au garçon) Comment tu t’appelles déjà ?
Le garçon - Thierry.
Juliette - Enchantée. (À Cyril) Tu me passes tes clefs, j‘ai un besoin urgent!
Cyril - Moi aussi. Alors t’attendras ton tour.
Juliette - Vous en êtes qu’aux préliminaires. Alors que moi, je suis sur le point de conclure.
Cyril - Nous aussi. On vient tout juste de finir la première étape. (À Carlos) Hein! Maintenant on va passer aux choses sérieuses. (À Carlos) Tu viens ?
à suivre.........................
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