J'écoute : plus que je ne parle
Je regarde : souvent dans le vide
Je lis : de gauche à droite
Je joue : avec les maux
Je mange : de tout
Je bois : oui j'avoue
Je cite : "chaque homme est l'auteur de sa propre vie" (Paul Auster)
Je pense : donc je suis
Je rêve : constamment (même le jour)
(mis à jour lundi 27 novembre 2006 à 19:08)

06/02/2007

06/02/07 - 13:49

prologue de roman

Il était une fois, perdu dans une Europe qui élargissait ses frontières à tout va, un petit pays appelé France.

A cette époque là en 2018, son peuple vit de la production internationale et ne cherche qu’à consommer. Rien d’autre ne l’intéresse. Il est devenu un consommateur de la sous-traitance. Une vraie vache à lait. Un seul mot d’ordre : consommation. La formule chimique préférée des industriels est :
production étrangère + économie draconienne = consommation française

Depuis que celle-ci a été trouvée à la fin des années 1990 par les grands pontes de la bureaucratie, les industriels sont bénis des dieux. Les slogans scandent à tout va, le besoin de se nourrir sans limite pour s’enrichir. Malheureusement, c’est une formule mal utilisée et détournée de son contexte. Les Français vivent dans le malentendu, tellement les mots sont mal utilisés. Le pays devient une grande richesse monétaire en contre-partie d’une ahurissante pauvreté culturelle. Le propre patrimoine de ses habitants leur est méconnu. Les gens ne sont plus exigeants de qualité et délaissent « les chefs-d’œuvre de l’humanité » (10).

Toutes les raisons sont bonnes pour prouver à MADAME ECONOMIE [personne morale très susceptible et crainte par tous] que les Français dépensent bien, mais personne ne se demande comment cela se passe réellement au sein des ménages. Les magasins sont ouverts 7 jours sur 7, 24h sur 24 malgré la surabondance de sites Internet vantant les courses à domicile. Seules les apparences importent pour montrer aux autres pays sa position au sein du monde. Telle une petite sœur au sein d’une grande famille, elle sait faire valoir ses revendications pour se faire respecter. Si les Français sont enviés socialement par beaucoup de pays, ils restent critiqués par la foule mondiale du tourisme : située au centre de la carte mondiale, la France se prend pour le nombril du monde et le montre. Les répercussions sont telles que cela joue énormément sur le moral de nos troupes. Les Français se retranchent derrière leurs sentiments et ces émotions là, négatives et jusque là régionalisées, se nationalisent. Ils recherchent l’estime et la reconnaissance, lesquelles se sont perdues au fil des années.
Du coup, ils vivent comme des victimes, dans l’hystérie, à force de chercher le respect mutuel. C’est la confusion des sens.

Malgré tout, MISS DEPRIME NATIONALE [personne morale représentante des français née en 1981] - qui a gagné tous les suffrages depuis quelques années - commence à battre en retraite : elle passe le flambeau à MISS HAUT LES CŒURS [personne morale née en 2012, en pleine création, programmée pour redorer le blason des français]. Mais beaucoup de travail reste à faire. Les A.R.T.T. et autres heures de récupération ne comblent pas ce temps après lequel ils courent.

Tous les moyens de transport s’effectuant au G.P.L. et Super, ont cédé leurs places aux véhicules hybrides, tramways, métros nouvelles générations et bus, grâce aux grosses avancées technologiques récentes. Mais le moyen de locomotion principal reste le vélo. MONSIEUR ROI PETROLE [grand manitou incontournable malgré tous les efforts fournis] est parvenu à un prix inabordable et la couche d’ozone tire sa révérence à grands feux avant la fermeture du grand rideau. Les bio carburants et le gaz naturel courent après le manitou et sont en passe de le remplacer.
Les accidents de la route deviennent exceptionnels à tel point que la moindre collision passe des faits divers à la première page des quotidiens. Les travaux effectués dans les grandes agglomérations pour améliorer le confort de tous, touchent à leurs fins. Les tramways installés autour de la petite et grande couronne de Paris sont fin prêts et chaque grande agglomération a également le sien. Depuis que les mairies ont instauré la mise en place de la totalité des parkings en souterrain et aux périphéries, les villes ont gagné en fluidité routière et piétonnière, et une incomparable qualité de vie. Les personnes qui viennent travailler à Paris (ou dans une autre grande ville) laissent leur voiture aux portes et utilisent les transports communs.

Tout, vraiment est fait pour améliorer leur vie.

Mais ce que l’Etat et les mairies ont réalisé n’est en fait qu’un leurre pour détourner l’attention du peuple, du réel problème : il reste à mettre en chantier les travaux d’ordre moraux.
L’exception culturelle dont ils bénéficient n’est profité que par le tourisme étranger. Ils ont beaucoup de mal à sensibiliser les jeunes à l’art. Le home cinéma a envahi les foyers et tout leur est livré sur un plateau. Aucun n’est prêt à débourser le moindre centime pour une expo un tant soit peu originale mais à côté de ça ils débourseront bien plus afin de voir et revoir ce qu’ils connaissent déjà.
Bien sûr, comme on peut le lire dans certains journaux, les maires de plusieurs grandes agglomérations prennent le sujet au sérieux et certaines villes doivent leur réussite et leur richesse culturelle à des hommes et des femmes, responsables d’associations et militants, qui se battent pour que les choses bougent. Ils sont prêts à soulever des montagnes pour trouver des aides financières. Certains vont jusqu’à faire du porte-à-porte pour montrer les brochures des spectacles joués dans leur ville ou à proximité. Mais le travail est rude.

Pour comprendre la cause de tous ces malaises, il faut remonter à la source et ce ne sont ni les chercheurs ni les autorités qui peuvent régler le problème. Les personnes morales telles que MISS HAUT LES CŒURS ou MONSIEUR ROI PETROLE représentent en fait une matérialisation physique de l’énergie dépensée par chaque français pour constituer une entreprise ou un état actuel. Et eux aussi sont dans l’attente d’une aide.

Une petite organisation s’est préparée à l’abri de tous et attend que leur chef se réveille pour se mettre en marche. Le mal sévit.